Limoges


Via Agrippa

Agrippa

    
Sénateur d’origine obscure, Agrippa voyageait avec son ami Octavien quand ils
apprennent la mort de Jules César. C'est sur ses conseils, que le futur Auguste
rentre à Rome pour se faire reconnaître comme l'héritier du grand César. Agrippa
ne quitte plus Octavien après Apollonia (45-44 av J.-C.) et remporte comme
général victoires de Nauloque (36) et d’Actium (31). Il fut surtout auprès d’Auguste
ministre de l’urbanisme. Il donné à Rome un cadre monumentale digne d’une
capitale d’empire. Il fit élever deux théâtres, quatre portiques et les premiers
grands thermes qui portent son nom et plusieurs temples dont le Panthéon. En
33, Agrippa, bien que déjà consul, accepta de devenir édile (magistrature de rang
inférieur au Consulat) et se mis en devoir de réparer la Cloaca Maxima ainsi que
tout le réseau des égouts urbains. Agrippa réorganisa les adductions et
réglementa la distribution d’eau. Cette dernière arrivait principalement dans des
fontaines publiques où elle était à la disposition de chacun. On lui doit aussi le
Pont du Gard. Auguste préféra un temps Marcellus, fils de sa sœur Octavie avec
Antoine, pour lui succéder. Agrippa avait alors été éloigné et envoyé en Orient. Le
jeune Marcellus meurt subitement vers 23, et, à cette époque, la santé d’Auguste
est critique. Il pense à sa succession et remet à Agrippa, revenu en grâce, tout ce
qui faisait sa position personnelle : fortune et sans doute son Imperium
proconsulaire. Puis il lui fait épouser sa fille Julie (21) qu’il avait eu avec Scribonia
épousée en 40. Auguste l’associe en lui octroyant l’imperium puis en 18 la
puissance tribunicienne pour 5 ans, créant ainsi une véritable corégence. En 17 il
adopte les deux fils de Julie et Agrippa : Caius et Lucius. Les pouvoirs d’Agrippa
sont renouvelés pour 5 ans en 13 et sur les monnaies il porte la couronne murale
et rostrale. Il meurt en 12. Auguste fit aussitôt épouser Julia à Tibère, fils de T.
Claudius Nero et de Livia Drusilla qu’il avait lui-même épousée en 38. Tibère sera
finalement le successeur d’Auguste et l’empereur des premiers temps
évangéliques. Il mourra assassiné en 37 après J.-C.

Conseiller préféré d’Auguste qui lui avait confié de 20 à 19 la Gaule menacée par
les Germains et où Agrippa met en place les 1ères voies romaines centrées sur
Lyon. Chargé de préparer une grande carte du monde, il meurt avant son
achèvement. La carte fut exposée par Auguste sur le mur du Portique d’Agrippa à
Rome. Plusieurs de ces voies portent le nom de Via Agrippa, mais nous nous
intéresserons à celles qui relie Lugdunum à Mediolanum Santonum (puis
Burdigala).

Bibliographie
   Encyclopédie Larousse en XX volumes 1970
webographie
   www.liberte.ch/histoire/auguste/auguste-1.html#16

Les voies romaines en Gaule

  
Les principaux axes routiers de la Gaule Transalpine étaient réalisés dans les
dernières années précédant l'ère chrétienne. Restait à concevoir le réseau de la
Gaule chevelue. A l'issue de son voyage à Narbonne en 27 av. J.-C., Auguste
confia cette oeuvre à son gendre Agrippa qui sut utiliser des voies naturelles
stratégiques et tracer des parcours rationnels. Nous devons à Strabon la
description de ce programme routier: " Lyon se trouve au milieu de la Gaule
comme l'acropole au milieu d'une ville, au confluent des fleuves et à proximité des
diverses régions, c'est pourquoi Agrippa en fit le point de départ des grandes
routes qu'il ouvrit. L'une, à travers les Cévennes, va jusque chez les Santons et
l'Aquitaine, la seconde se dirige vers le Rhin, la troisième vers l'Océan par le pays
des Bellovaques et des Ambiens; la quatrième gagne la Narbonnaise et le village
de Marseille. En outre, en laissant à sa gauche Lyon et la région qui se trouve au-
delà de cette ville, une autre route traverse les Alpes penniennes puis, faisant un
coude, franchit le Rhône ou le Lac Léman et conduit dans la plaine d'Helvétie puis
de là à travers le Jura, passe chez les Séquanes et les Lingons, chez qui le
chemin bifurque et conduit, d'un coteau Rhin et, de l'autre, à l'Océan). "

Ces grandes voies militaires furent, selon toute vraisemblance, achevées vers le
milieu du 1er siècle de notre ère.

webographie
   www.orleans-tours.iufm.fr/formations/prepa_crpe/sujet/crpe_hg3_2004.pdf

Suivre la Via Agrippa

On peut suivre le tracé de la voie romaine de Lugdunum à Mediolanum Santonum
Lyon (LUGDUNUM) : la place Trion, la rue de la Favorite, l'avenue du Point-du-
Jour, la rue Jolliot-Curie, Étoile-d'Alaï ;

Puis Craponne, Grézieu-Ia-Varenne, Recret, Saint-Bonnet-le-Froid, Courzieu, col
de Malval, La Giraudière, Chez-Blanc ou Chevaleron, Lapra, Saint-Clément-Ies-
Places, Saint-Martin-Lestra, Valeille, Salt-en-Donzy ;

Première grande étape : Feurs (FORUM SEGUSIAVORUM) ;

Traversée de la Loire vers Bigny, puis Naconne ;
Pour aller à Clermont on passe soit par l’ouest : Saint-Martin-la-Sauveté, La
Poste ; soit par le nord : Amions (MEDIOLANUM), Roanne (RODUMNA), Saint-
Martin d’Estréaux (ARIOLICA), Vichy (AQUAE CALIDAE) ;

Deuxième grande étape : Clermont-Ferrand (AUGUSTONEMETUM) ;

Après Royat, Enval, le col de Ceyssat (UBRILIUM), Olby, Pont-de-la-Miouze,
Gelles, Pérol, Sauvagnat qui serait une localité romaine (SALVINIACUM),
Chaussade, Giat, les Chaussades, Montel-Guillaume, (FINE), Saint-
Pardoux-d'Arnet, Néoux, Issoudun-Létrieix, Lavaveix-les-Mines, Plagne, Moûtier-
d'Ahun, Ahun (ACITODUNUM) ;

La localisation de Praetorium à St-Goussaud est fondée sur les vestiges d'un
sanctuaire avec théâtre de 800 places; actuellement, les archéologues préfèrent
une localisation à Sauviat sur une voie plus cohérente entre Limoges et Ahun;
cependant cette dernière hypothèse néglige le tracé de Peutiger entre Praetorium
à St-Marcel; par ailleurs les distances indiquées sur le milliaire 354 d'Ahun ne
permettent pas de départager St-Goussaud de Sauviat ;

Troisième grande étape : Limoges (AUGUSTORITUM) ;

La route des Lémovices courait de Limoges à Saintes. Elle demeura pendant
quinze siècles un grand chemin montant des Charentes vers l’intérieur et fut aussi
un route du sel et une route militaire. Les abondantes coquilles d’huîtres
retrouvées dans les puits des villas gallo-romaines de Limoges sont une preuve
supplémentaire des liens qui ont uni depuis toujours les Charentes pays du silex
et du sel au haut pays du Limousin.

Un ancien itinéraire reliant Limoges à Angoulême passait par Aixe-sur-Vienne,
Saint-Laurent-sur-Gorre et Vayres était connu au 18ème siècle sous le nom de
« Chemin Boine » autrement dit le « chemin borné ». C’est, entre autres, le nom
de la voie romaine entre Périgueux et Saintes. Ce chemin serait en partie d'origine
gallo-romaine.

On poursuit par Aixe-sur-Vienne, Cognac-la-Forêt, Saint-Auvent, Rochechouart,
Chassenon (CASSINOMAGUS), Chabanais, Suaux, Chasseneuil-sur-Bonnieure,
Pont-d'Agris, Jauldes,Vars, Saint-Cybardeaux (GERMANICOMAGUS) où, au
hameau des Bouchauds, subsiste un théâtre romain avec sa voie romane de 40
km jusqu’à Saint-Sauvant ;

Enfin Saintes (MEDIOLANUM).

webographie
   perso.wanadoo.fr/itineraires-romains-en-france

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